29th
Gouvernance illogique et immorale de la crise (financière) systémique
Les politiques tiennent un “étrange” discours (une fois de plus).
1/ On nous dit que les banques étaient “too big to fail”, trop grosses pour qu’on les laisse se crasher en vertu des lois du marché ! Soit ! Mais une fois admis qu’il fallait les sauver pour éviter que le système ne soit emporté, et nous avec, fallait-il aussi sauver les banquiers ? Au nom de quelle logique économique a-t-on sauvé les banquiers, devenus des soldats Rayan du capitalisme ; en quoi était-il moral de laisser à leur place des gens qui ont laissé se produire voire provoquer la faillite du système au point de devoir s’en remettre à la puissance publique pour survivre à leur incompétence sanctionné par un échec retentissant ?
2/ Bon puisqu’il fallait vraiment sauver les banques pour nous sauver nous parce que les banques étaient trop grosses pour qu’on les laisse subir le sort qu’elles méritaient, il serait logique désormais, de remédier au problème et de dégraisser le mammouth ! Au lieu de cela on assiste à de nouveaux mouvements concentrationnaires ! Où est la logique, où est la morale dans tout cela ? Dans la réglementation sur les paradis fiscaux et les bonus des traders ? Autrement dit, nous avons là deux boucs émissaires pour détourner l’attention de ces banques trop grosses, tellement grosses qu’elles ont le pouvoir de plier les gouvernements à leur volonté : les faire banquer tout en restant aux commandes!
3/ Puisque l’organisation du système autour du capitalisme financier a conduit à la faillite de ses principaux agents et puisque la taille de ceux-ci interdisait de les laisser disparaître, cela fait au moins deux bonnes raisons de conclure à l’inefficacité de ce système capitaliste. Dans ce cas l’Etat banquier a toute légitimité pour reprendre les affaires en main et s’emparer des commandes en débarquant au passage les pilotes qui ont failli planter grave l’avion. Mais rien de cela ne se passe. Au nom de quelle logique et de quelle morale puisqu’il faut moraliser le capitalisme assiste-t-on à cette inertie incompréhensible ? Il ne s’agit pas tant de chercher des coupables que d’écarter des responsables et d’entreprendre la transformation en profondeur d’un système capitaliste dévoyé (dévoyeur ?) et fourvoyé (fourvoyeur ?) ! Parce que structurellement corrompu et corrupteur ?